Des soucis qu'on ne devrait pas avoir - les risques financiers après un décès

La parole est à Marie, veuve de Vincent (41 ans) et mère d'Arnaud (3 ans).

Des soucis qu'on ne devrait pas avoir - les risques financiers après un décès

"Vincent, Arnaud et moi formions une famille modale de 3, au zénith de notre vie, jusqu'à ce qu'un drame bouleverse cette belle harmonie.  Vincent, à seulement 41 ans, a été frappé d'un cancer en phase terminale et est décédé en avril 2019, huit mois après le diagnostic."

De l'amour et des soins

"Pendant les huit mois qu'a duré sa maladie, notre famille était en mode survie. Ce n'était qu'une succession sans fin de consultations chez les médecins. Prendre soin de mon mari était un job à plein temps, que j'ai bien sûr fait avec tout mon amour. Pendant sa maladie, je n'ai pas eu le temps de me préoccuper de l'avenir. Où en aurais-je trouvé le temps, après tout? En plus, je n'avais tout simplement aucune idée de ce à quoi je pouvais m'attendre."

Après le décès

"Mon mari et moi avions chacun un salaire moyen et nous pouvions régulièrement mettre quelques sous de côté. Et voilà que celui qui avait le salaire le plus important disparaît. Après le décès de Vincent, je suis restée à la maison pendant un certain temps pour cause de dépression, et je n'avais plus que 60 % de mon salaire. Inutile de préciser la différence que cela fait avec avant. Évidemment, les frais fixes comme l'eau, le gaz et l'électricité eux, n'ont pas changé. Je me suis mise à m'inquiéter pour mon avenir."

"D'une situation financière stable et confortable, je me suis retrouvée à ne plus pouvoir assumer complètement les frais mensuels normaux."

Gueule de bois financière

"Mon jeune fils et moi sommes non seulement passés par un tourbillon émotionnel, nous devions soudain aussi faire face à une sérieuse gueule de bois financière. Oui, une assurance solde restant dû couvre une partie de l'emprunt mais, avec un seul salaire, il devient difficile de continuer à vivre dans sa propre maison. Déménager? Pas question, en ce qui me concerne. Mentalement, le décès de son père a aussi été très dur pour Arnaud. Il souffrait d'abandonnite aiguë et j'ai donc concentré toute mon attention sur lui. Tant pour moi que pour Arnaud, une aide psychologique s'est vite imposée. Et encore quelque chose à payer. En tant que maman seule, avec un enfant chez vous en continu, comment faire pour venir à bout de tout ce qu'il y a à faire? On se retrouve à être maman, femme de ménage, cuisinière, jardinière, entrepreneuse, comptable, informaticienne, ... Hélas, j'avais même moins de temps pour être seulement une mère pour son fils, juste au moment où il en avait tellement besoin. Pour la moindre des choses, j'avais besoin qu'on le garde pour moi, ce qui me coûtait plus encore une fois."

"Le gouvernement a offert un peu d'aide. J'ai reçu une allocation de transition pendant deux ans, un deuxième revenu de base, en somme. Cette allocation a été versée intégralement à mon salaire normal, ce qui a fait que presque la moitié en était prélevée. Il vaut donc mieux directement mettre de côté la moitié de ce revenu supplémentaire. Et après ces deux ans, que se passe-t-il? L'allocation, elle, vient à disparaître, au contraire des frais supplémentaires. Les allocations familiales ont aussi été adaptées en supplément d'orphelin partiel, ce qui me fait 150 euros en plus. Malheureusement, c'est loin de couvrir tous les coûts nécessaires pour Arnaud."

"Oui, bien sûr que je suis contrariée. Mon mari avait déjà travaillé plus de quarante ans et s'était déjà constitué une pension. Je ne pourrais la réclamer que quand j'aurai atteint moi-même l'âge légal de la pension. Pas avant. Et ce alors qu'Arnaud grandit, que j'ai des frais supplémentaires et que c'est bien maintenant que j'en aurais besoin."

Informez-vous à temps

"Je conseillerais à tout le monde de bien examiner leur situation financière en temps et en heure. Informez-vous en détail et prenez les précautions nécessaires afin de pouvoir, plus tard, vous débrouiller par vos propres moyens. Car ces extras de la part du gouvernement sont souvent réclamés. Une autre chose extrêmement importante: acceptez toute l'aide qui vous est proposée.

Nous venons de traverser une période très difficile, mon fils et moi. Même maintenant, ce n'est pas un long fleuve tranquille tous les jours. Demander de l'aide est un must. Les gens répètent: ' si je peux faire quoi que ce soit, fais-moi signe.' Alors oui, acceptez ce plat de spaghetti, demandez qu'on vienne vous nettoyer les vitres, qu'on aille chercher vos enfants à l'école ou qu'on les garde quelques heures. Ç'a été une époque éprouvante, mais je me rends compte plus que jamais que la vie vaut vraiment la peine d'être vécue et que l'amour vaincra, de toute manière."


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