L'impact financier d'une reprise du travail

Geert Witpas, expert financier: "Reprendre le boulot à mi-temps après une longue incapacité de travail est souvent moins désavantageux qu'on ne le croit".

L'impact financier d'une reprise du travail

Être en incapacité de travailler pendant une longue période est financièrement pénible. Une fois la guérison en vue, on veut peut-être recommencer à mi-temps, afin de se réhabituer au rythme de travail. Mais que signifie ce genre de trajet de réintégration, financièrement? Geert Witpas, expert chez Baloise Insurance, répond à plusieurs questions fréquentes sur la base de 3 simulations de salaire.

L'impact financier est différent selon vos revenus et votre situation

Situation 1:
Els a 24 ans et a été impliquée dans un sérieux accident de la circulation. Elle vit seule et a un revenu modeste de 2.200 euros bruts par mois, ce qui revient en net à environ 1.730 euros. À cause de cet accident, elle a été en incapacité de travail pendant 5 mois. Par la suite, Els se remet au travail pendant 3 mois à temps partiel pour raisons médicales. Pendant son incapacité de travail, elle reçoit après le premier mois 1.170 euros de la mutuelle. Reprendre le boulot à mi-temps fait qu'elle reçoit 1.920 euros.

Situation 2:
Tom a 33 ans et est tombé d'une échelle alors qu'il bricolait chez lui. Il est marié, a deux enfants et a un revenu de 3.500 euros bruts, ce qui revient à environ 2.200 euros. À cause de cette chute malencontreuse, Tom a été en incapacité de travail pendant 5 mois et, pendant 4 mois, il reçoit 1.860 euros de la mutuelle. Ensuite, il reprend le boulot à temps partiel pour raisons médicales et il touche temporairement 2.695 euros par mois.

Situation 3:
Soraya a 54 ans et souffre d'une maladie grave. Elle vit avec son partenaire et a 1 enfant majeur qui n'est plus à charge. Soraya a un revenu de 6.600 euros bruts par mois, ce qui revient en net à environ 3.500 euros. À cause de sa maladie, elle a été en incapacité de travail pendant 5 mois. Après le premier mois de revenu garanti, elle reçoit de la mutuelle 2.040 euros. Elle se remet au travail à temps partiel après 3 mois pour raisons médicales, et elle reçoit un revenu de 3.540 euros nets.

À quel revenu ai-je droit lorsque je commence un trajet de réintégration à mi-temps?

Une personne en incapacité de travail pendant quelques mois reçoit, pendant le premier mois d'absence, le revenu garanti par son employeur et a donc presque le même salaire que normalement. Ensuite, elle retombe sur l'indemnisation plafonnée via la mutuelle, qui est équivalente à 60 % du salaire brut. Une personne qui commence un trajet de réintégration et recommence à travailler à mi-temps, est toujours considérée comme étant en incapacité de travail. L'avantage pour l'employeur est que si le trajet de réintégration échoue, il ne doit pas payer de nouveau le revenu garanti. De son côté l'employé a droit à la moitié de son salaire brut et continue à avoir droit à 70 % de son allocation incapacité de travail. Dans les trois scénarios ci-dessus, cela signifie que Els recevrait environ 1.920 euros nets, Tom 2.695 euros nets et Soraya 3.540 euros nets.

 

Reprendre le travail à mi-temps après une incapacité de travail est-il plus avantageux que de reprendre à temps plein?

Dans plusieurs situations, reprendre à temps plein est plus avantageux financièrement lorsqu'on regarde les revenus sur une base annuelle. Mais dans nos simulations, avec une absence limitée et un trajet de réintégration court, nous remarquons qu'il existe des cas où le travail à mi-temps est plus avantageux. Cela a entre autres à voir avec le fait qu'on ne perd pas 20 % de l'allocation de la mutuelle.

Ne reçoit-on pas l'addition l'année suivante avec la déclaration d'impôts?

En fonction du revenu, on est remboursé ou on doit payer un supplément. Mais dans nos simulations, avec une absence limitée et un trajet de réintégration court, nous remarquons que le travail à mi-temps est financièrement plus favorable que de rester en incapacité de travail complète, compte tenu du fait aussi d'une imposition supplémentaire. Pour Els et Tom, cela revient à à peine 3 % sur une base annuelle comparé à une année de travail normal. Ce n'est donc pas plus avantageux que de travailler normalement, mais la différence est minime dans ces deux scénarios.

Quel est l'impact d'une assurance revenu garanti personnelle?

Ces assurances signifient que votre allocation de la mutuelle est complétée pendant votre incapacité de travail. Même si vous suivez un tel trajet de réintégration, vous restez à titre principal en incapacité de travail et, par conséquent, vous avez droit à la moitié de l'allocation brute via cette assurance. Concrètement, une telle assurance signifierait pour Els et Tom qu'ils reçoivent sur une base annuelle et en tenant compte de la déclaration d'impôts de l'année suivante, environ 4 % de plus net qu'une année normale à travailler à temps plein. Cela leur permettrait de couvrir les frais supplémentaires entraînés par leur incapacité de travail. Dans le cas de Soraya, nous voyons qu'une assurance personnelle fait en sorte que son revenu annuel augmente de 80 % d'une année normale à presque 100 %. Ceci est dû au fait qu'en raison des montants plafonnés chez la mutuelle, son salaire de base élevé et l'imposition actuelle, elle perd le plus, financièrement parlant.

Qui profite le plus d'une assurance revenu garanti personnelle?

Cette assurance supplémentaire est utile pour tous, mais certainement pour ceux qui ont un salaire plus élevé que la moyenne. Elle leur permet de surpasser des périodes difficiles physiquement et mentalement, sans trop de déboires financiers. Chez Els et Tom, nous voyons que cette assurance leur apporte respectivement 1.380 euros et 1.860 euros de plus annuellement en comparaison avec la même situation en incapacité de travail sans assurance. Pour Soraya, la différence entre ne pas avoir d'assurance supplémentaire et en prendre une s'élève à presque 7.500 euros nets. 

Cette étude a été réalisée au printemps 2021. Les simulations ont été effectuées au moyen des logiciels fiscaux disponibles les plus récents, à savoir ceux de 2019. De légers écarts par rapport à la fiscalité actuelle sont possibles. La conversion des salaires de brut en net ne tient pas compte de la cotisation particulière pour la sécurité sociale. Bien qu'il faille tenir compte de ces nuances, les conclusions restent les mêmes.

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